10/02/2015
Marguerite Sir
Marguerite Sir
Née en Lozère, en France, Maguerite Sir, de son vrai nom Maguerite Sirvins, est issue d'une famille de paysans. Elle manifeste à l'âge de 4& ans des troubles schizophréniques qui entraînent son admission définitive à l'hôpital de Saint-Alban. Maguerite Sir commence à dessiner 13 ans plus tard.
Elle réalise des aquarelles et des broderies. Pour ces dernières, elle utilise comme support des morceaux de chiffons et mêle à des soies de couleur des fils de laine quelle obtient en effilochant des chiffons récupérés au rebut. Elle travaille sans modèle ni esquisse préalable. en proie à des hallucinations et à des délires toujours plus fréquents, elle cesse ses activités artistiques en 1955. La créatrice produit toutefois un dernier ouvrage qui constitue son oeuvre majeure : souhaitant avec ardeur connaître un jour le mariage, elle se met à confectionner une robe de mariée destinée à un jour de noces imaginaires. Ce vêtement qu'elle ne portera jamais, est créé selon la technique du point de crochet, avec des aiguilles à coudre et du fil tiré dans des morceaux de draps usagés.
Collection de l'At Brut Lausanne


Détail de la robe de mariée Photo :El Hombre Jazmin

Scène d'intérieur avec poupée. Entre 1944 et 1945. Fil de laine et soie sur tissu
Photo: El Hombre Jazmin
Écrit par bigou dans Marguerite Sir | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook
Clément Fraisse
Clément Fraisse
Clément Fraisse est né dans un village de Lozère, en France. Il est issu d'une famille de cultivateurs de 14 enfants. Le garçon reçoit une instruction rudimentaire et travaille dans l'exploitation familiale avant de devenir berger. A l'âge de 24 ans, il tente d'incendier la ferme de ses parents à l'aide d'un paquet de billets de banque enflammés qui constitue les économies de la famille. Suite à cet incident, le jeune homme est interné à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, dans le sud de la France.
Son attitude protestataire et violente, ainsi que ses tentatives d'évasion entraînent sa réclusion, de 1930 à 1931, dans une étroite cellule dont les murs sont lambrissés de bois brut. Dès lors, et durant 2 ans Clément Fraisse entreprend de les sculpter à l'aide d'un manche de cuiller brisé ou des fers de sabot qu'il aiguise sur de la pierre. Quand ses outils de fortune lui sont confisqués, il utilise l'anse d'un pot de chambre en faïence, qu'il affûte de la même manière. Les motifs se développent suivant les diverses parties du lambris. Chacun des 20 panneaux de la rangée supérieure représentent un personnage dont les dents,les doigts et les orteils sont tracés de manière schématique.
Après cette période de claustration, Clément Fraisse est employé à divers travaux au sein de l'institution. Le lambris sculpté sera sauvegardé par deux médecins de l'institution dont Roger Gentis, directeur de l'établissement, qui en assurent un certain temps la conservation avant que l'oeuvre soit remise en 1963 à Jean Dubuffet pour ses collections.
Collection de l'Art Brut Lausanne



31903126_oeuvre_Fraisse_lambris_detail_3.jpg
Écrit par bigou dans Clément Fraisse, VIII DE L'ART BRUT : AUTEURS HISTORIQUES | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook
25/01/2015
Camille Vidal
Camille Vidal, le "Jardin d'Eden"
C'est pas facile de trouver des informations concernant Camille Vidal sur le Net. On voit bien quelques photos de ses sculptures devant le mur (un peu trop présent à mon goût) créé par Alain Bourbonnais à la Fabuloserie, mais rien sur sa vie et aucune image du site d'origine. On évoque bien l'exposition de 1977 à Rennes et le livre publié en 1990 "Les Bâtisseurs de l'Imaginaire" de Claude et Clovis Prévost qui on fait connaitre Camille Vidal, mais cet ouvrage est presque introuvable et aucune image du "Jardin d'Eden" ne circule sur la toile. Les seules que j'ai trouvées (grâce à B. Montpied) proviennent d'un article écrit par Yves Rouquette* intitulé lui aussi "les Bâtisseurs de l'Imaginaire" dans lequel il évoque Antoine Puéo et sa Maison fleurie à Lézignan, Victor Grazzi et sa "Villa aux Cent Regards" à Montpellier et le jardin de Camille Vidal à Agde. Cet article est paru dans "Les cahiers de l'office" n°2 en 1983. Yves Rouquette ne donne aucun élément biographique sur Vidal, il parle un peu des statues et fustige surtout l'attitude de la municipalité d'Agde et l'absence de volonté régionale pour conserver ces oeuvres in situ après le décès de Camille Vidal.
Il écrit notamment : "Alain Bourbonnais, lui, a tout embarqué. Des dizaines et des dizaines de statues, ............ont pris le chemin de la "Fabuloserie" quelque part dans l'Yonne. Louange à lui ! Le vendeur avait déjà détruit au pic la gitane à la guitare et aux accroche-coeur que nous avions connu en robe grise, en robe jaune à pois rouges et qui était si belle sous la neige. Déjà le chien au bâton avait disparu, déjà le chat et le serpent. Tout y serait passé ! Chez Bourbonnais, Vidal ne risque plus rien.
J'ai raconté ce désastre culturel dans le Nouveau Sud. Je ne vais pas recommencer. Je ne vais pas tempêter davantage sur les normes qui veulent qu'une peinture sérielle et sans imagination soit considérée comme création actuelle et que vingt ans de fantaisie, d'humour féroce et de gentillesse soient ignorés des soi-disant spécialistes régionaux de l'action culturelle."
Pour trouver quelques informations biographiques concernant Camille Vidal, il faut aller sur le blog de Henk Van Es "Outsider environments". dont l'écrit a été complété par un commentaire de Laurent Danchin.
Camille Vidal est né à Narbonne en 1894 et décédé à Agde en 1977. Il a passé sa vie active à Béziers en tant que fabricant de ciment pour les maçons. Il a déménagé sur le tard à proximité d'Agde et ce n'est qu'à la retraite en 1955 qu'il a commencé à réaliser des sculptures en ciment armé qu'il installait au fur et à mesure dans le jardin au tour de sa maison. Il crée des personnages qui témoignent de sa perception de la vie et de son monde environnant. Adam et Eve, des personnalités françaises comme Clémenceau et Fernandel, des dirigeants du Monde comme Churchill, mais aussi des animaux qui justifient certainement les deux noms donnés à son oeuvre : le "Jardin d'Eden" et "l'Arche de Noé".
Il réalise en tout 150 sculptures.
Vidal meurt en 1977. Sa maison est vendue, les nouveaux propriétaires, pas très sensibles au charme de l'Art Populaire, veulent se débarrasser de ces objets encombrants. Heureusement, Alain Bourbonnais achète en 1982, 54 statues du jardin de Camille Vidal et les installe devant un grand mur rouge à "la Fabuloserie" à Dicy dans l'Yonne où elles sont toujours conservées.
*Poète,écrivain occitan décédé début janvier 2015

Une taille de guèpe et des arguments dignes de Zahia

Adam et Eve en second plan dans leur jardin originel

Don Camillo et Peppone en pleine discussion

Une noire au petit cochon
Les statues de Vidal repeintes de frais à la Fabuloserie


Orchestre de singe et Clémenceau en arrière plan

Chanteuse à la rose et Wiston Churchill

Adam et Eve dans leur nouveau jardin

Photos: Space Archives et Outsider environments
Écrit par bigou dans Camille Vidal | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook


