18/01/2014
Guy Cavailhé
Guy Cavailhé

Guy Cavailhé
C'est à Peyriac de mer dans une maison avec vue sur les étangs de Bages que vit M. Cavailhé. Ancien régisseur dans un domaine viticole, il s'est mis au moment de la retraite à "bricoler" dans son jardin. "Quand on a passé toute sa vie à travailler, on peut pas rester sans rien faire", dit-il. Il a commencé par faire une maison pour une de ses arrières petites fille. Il a écrit dessus : "Dis papi dessine moi une cabane".

Une cabane
Il a fait ensuite un cheval qui tire une charrette menée par un vigneron. Le contenu de la charrette, les outils, les sacs de produits et les sarments qui dépassent de la comporte attestent de la fonction du personnage. Celui-ci et le cheval sont en ciment, l'attelage en bois à nécessité de nombreuses heures de travail. A côté un nain de jardin de fabrication maison et d'autres de fabrication industrielle sont posés sur une planche à roues. Un moulin à vent classique, dans un coin du jardin et une grotte de Lourdes qui l'est beaucoup moins, dans un autre, conduisent à la pièce qui me semble la plus intéressante : le petit manège. Deux grandes hélices peintes en jaune et bleu (les couleurs de l'équipe de rugby de Peyriac) font tourner, quand le vent marin le veut bien, un petit manège fait de bric et de broc, de bois, de fil de fer et de diverses choses. Les tout petits personnages et les animaux en ciment peint qui le compose ont la grâce et le charme brut de l'art enfantin. A côté, dans le même style, une autre pièce représente un voilier sur l'étang et deux mouettes munies d'hélices.
La production de M. Cavailhé n'est pas très importante. Sept pièces, tout au plus, pas très grandes pour la plupart. A 88 ans il n'a plus, aujourd'hui, l'énergie nécessaire pour continuer. Son travail, bien que modeste, relève, a mon avis, plus des environnements insolites ou même de l'art brut, que de l'art improbable.

Un attelage traditionnel

Le vigneron

la charrette et son chargement

Des nains sur une planche à roulette

un moulin à vent

Une version de la grotte de Lourdes

Guy Cavailhé et son petit manège

Le manège

sur le manège





Voilier sur l'étang et mouettes à vent
Écrit par bigou dans Guy Cavailhé | Lien permanent | Commentaires (1) |
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04/01/2014
Le zoo pas ordinaire de Geogette et Hubert

Georgette et Hubert dans leur univers
Le zoo pas ordinaire de
Georgette et Hubert


Quand on arrive à la ferme de Georgette et Hubert Bastouil, on est accueilli par deux énormes lions posés sur des piliers bordant le chemin qui mène à la propriété. Au bout du chemin, des girafes grandeur nature broutent les plus hautes branches des arbres et un bédouin sur son chameau, reçoit le visiteur.


Hubert Bastouil est né dans les années 30, dans cette ferme à Saint Martin Lalande, près de Castelnaudary. A 14 ans, il travaille avec ses parents sur l'exploitation familiale. Il la reprendra plus tard à son compte. Mais l'agriculture ne rapportant pas suffisamment de revenus, il travaillera comme menuisier plusieurs années, avant de créer son entreprise de ferronnerie à l'âge de 40 ans. Hubert travaille d'arrache pied, plus de 15 heures par jour, mais des soucis de santé l'oblige à interrompre son activité. Pas de problème, Georgette son épouse prend la relève. Le meulage, le fraisage et le soudage n'ayant pas de secret pour elle, elle gère l'entreprise jusqu'à leur retraite.
C'est au cours d'un voyage à Paris, au zoo de Vincennes, qu'Hubert voit pour la première fois d'énormes rochers en ciment et découvre leur secret de fabrication. De retour chez lui, il en crée aussitôt un pour décorer son jardin. Puis, pour animer un peu ce minéral artificiel, et grâce à un livre " La vie privée des animaux" oublié par ses petits enfants, il commence à créer, à l'aide de grillage et de ciment des animaux sauvages grandeur nature. Le tout premier, un genre d'isard, est plutôt lourdaud sur ses pattes, mais d'autres suivront et la technique s'améliora rapidement, avec l'aide de Georgette, qui n'hésite pas à mettre la main à la pâte, des animaux de plus en plus réalistes, de plus en plus grands et de plus en plus nombreux envahissent peu à peu leur espace.
Girafes, chameaux, éléphants, chevaux, pingouins, etc ...etc...c'est tout un zoo qui s'installe chez eux. Un grand mur minéral consacré aux ours blancs et aux pingouins ferme un côté de la propriété. A côté, dans un énorme rocher creux, un couloir mène à une grotte. A l'intérieur, Hubert a reconstitué, n'hésitant pas à télescoper les époques de manière quelque peu anachronique, des scènes inspirées de la vie quotidienne au début du siècle dernier, avec des peintures rupestres, évoquant Lascaux. Les personnages grandeur nature s'animent, grâce à des cellules photo-électriques, au passage du visiteur. A gauche, un escalier métallique, mène au sommet du rocher. Un cobra s'y prélasse sur un arbre en ciment. De là on peu voir un homme debout en métal dont les bras en croix devraient tourner dans tous les sens au moindre vent, mais Hubert n'est pas satisfait du résultat, les bras tournent difficilement. A côté un homme assis sur avion d'époque, articulé lui aussi (le premier Airbus, selon Hubert) semble le satisfaire davantage.
On pénètre, enfin, dans l'enceinte de la propriété défendue par une panthère noire farouche et un tigre bondissant. Et là, on découvre la piscine. Un petit chef-d'oeuvre d'art kitsch. Un grand bassin, au centre duquel un îlot avec un banc, est accessible par une passerelle en fer.



La piscine

Au milieu de l'île, une tour végétale supporte quatre grandes femmes nues, comme dessinées en fer forgé, qui tournent à l'approche du visiteur. Des dauphins bondissants autour de la piscine, se mettent, eux, à cracher de l'eau. Une cascade dans les rochers, s'écoule dans le bassin. Dans un coin, un crocodile de belle facture et des flamands roses décolorés, barbotent dans une mare. D'autres animaux en fer ou en ciment et des statues plus ou moins hellénistiques, de fabrication industrielle, disséminées tout autour, donnent à l'ensemble un aspect vraiment insolite, pour ne pas dire improbable. Plus loin, encore des girafes, des éléphants, des lions, des bouquetins accrochés à un rocher et deux oeufs énormes, réalisés après la visite de la maison de Dali à Cadaques.
Le jardin de Georgette et Hubert à des airs de parc d'attraction, d'ailleurs, des groupes d'enfants des écoles environnantes s'y rendent régulièrement. Ils peuvent monter sur le dos de certains animaux, grâce à des marches aménagées dans leur flan à cet effet. Les nouveaux mariés de la région, viennent aussi, pour immortaliser "le plus beau jour de leur vie". Quand on demande à Hubert, s'il se considère comme un artiste, il répond qu'il se considère uniquement comme un homme à la retraite qui s'occupe en s'amusant.
Ce portrait a été traduit en anglais par Henk Van Es et est visible sur le américain Spaces Archives à l'adresse suivante :
http://www.spacesarchives.org/explore/collection/environm...
Le jardin de Georgette et Hubert a fait l'objet d'articles dans :
"Couleur lauragais" et dans "La Dépêche du midi" en 1999
Une page lui est consacrée dans les blogs : "Outsiders Environments Europe" "Les Grigris de Sophie" et dans le site : "Art-insolite"- les environnements et autres anarchitectures singulières.
Georgette et Hubert aime faire visiter leur "jardin extraordinaire", il suffit pour ça.............. de prendre rendez-vous avec eux au : 04 68 94 90 09
Adresse: Route ancienne 113 - 11400 Saint Martin Lalande





L'ancêtre d'Airbus

A l'intérieur de la grotte




Combat de chevaux

Un magnifique rhinocéros

Des oeufs inspirés par Dali

Écrit par bigou dans Hubert Bastouil | Lien permanent | Commentaires (0) |
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Un éclusier un peu singulier

Un éclusier un peu singulier
Né en1955, Joël Barthès, après avoir exercé divers métiers, devient éclusier sur le canal du Midi en 1988, "Pour être libre" dit-il dans un article.
C'est en 1992 alors qu'il taille les platanes sur le bord du canal pour l'entretien des chemins de halage, qu'une branche un peu particulière l'inspire. Il en fait aussitôt un homme qui salue les bateaux de passage. A sa grande surprise et son grand amusement, les touristes s'arrêtent pour le photographier. Satisfait de son oeuvre, il en fait d'autres, et depuis ne s'arrêtera plus de créer.

A grands coups de tronçonneuse (un peu à la Baselitz) il taille dans les troncs d'arbres morts ou les branches coupées, des corps ou des têtes en fonction des formes naturelles du bois. Tout un peuple "d'Homo sapins" voit rapidement le jour sur les berges du canal. Inconditionnel de Brassens, dont il a réalisé une statue en pied, la guitare à la main et la pipe à la bouche comme il se doit, Joël manie l'humour avec autant de dextérité que la tronçonneuse. Un grand cochon rose, droit sur ses pattes arrières, une bouteille à la main et un éléphant plutôt gâté par la nature, en témoignent. Puis, comme il pratique souvent la soudure , pour l'entretien de son écluse, Joël se met à travailler aussi le fer. Il utilise pour ça toutes sortes d'objets de récupération, des bouteilles de gaz, qui se transforment en éléphants ou en cochons, des pièces de moteur ou des chaînes qui deviennent entre autre des crocodiles. En parfait autodidacte Joël crée, en toute liberté et ne se prenant surtout pas au sérieux, toutes sortes d'animaux insolites et de créatures étranges plus ou moins hybrides qui s'installent petit à petit autour de l'écluse. L'écluse de "l'Aiguille" est une excellente vitrine, et beaucoup de gens s'intéressent à son travail. Des expositions, dans le cadre de l'art brut, ou de l'art singulier, lui sont proposées, des articles dans la presse locale, puis nationale ainsi que des reportages pour "Des racines ou des ailes" en 2013 et pour Arte au printemps prochain, lui sont consacrés. Mais Joël, un peu anar, pas mal peinard, suit son bonhomme de chemin (de halage) sans prendre la grosse tête et malgré le succès croissant de sa "petite entreprise" continue de créer en s'amusant beaucoup (surtout de tout ce que l'on écrit sur lui) avec toujours la même énergie et la même liberté.
L'environnement de Joël est visible en permanence a l'écluse de "L'Aiguille" à côté de Puichéric (11700)
Une page lui est consacrée dans les sites :
"l'Art en Marche" -- "Outsider Environments Europe" et "Art insolite"





















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