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21/02/2016

Mariane

 

 Le fil de Mariane

 

 

Après un parcours de vie quelque peu atypique, Mariane s'installe dans un tout petit village perdu de la Haute Vallée de l'Aude. C'est là qu'elle entreprend, il y a plus de trente ans un travail de création très personnel, loin des sentiers battus et du milieu artistique qu'elle ne fréquente pas. La matière première de son travail elle la trouve dans la nature autour d'elle. Au fond d'un lac régulièrement asséché, entre autres, où elle glane des coquilles d'escargot, de la terre, des os, des branches et bien d'autres éléments. Elle utilise aussi des tissus de récupération qu'elle déchire, ligote et tisse pour créer d'improbables "vestimentaires" ou des sculptures murales. Mariane, dans une vie antérieure a été formée à la tapisserie à basse lice, elle en garde une affection particulière pour le fil, la laine et le tissage qui sont très présents dans son oeuvre.

Le temps passe, Mariane  suit le fil de sa vie, sans pratiquement jamais exposer son travail, seuls quelques amis proches le connaissent. Ce n'est qu'aujourd'hui, à l'âge de 72 ans, grâce à Caty Pech son amie de toujours, qu'elle accepte enfin de montrer pour la première fois une grande partie de ses créations dans la galerie "Le Chantier" à Cassaignes.

En entrant dans la galerie de Caty Pech, après l'ascension du petit chemin qui mène jusqu'à  Cassaignes, on se sent comme observé par des coquilles d'escargots insérées dans des peaux de citrons séchées suspendues ou en vrac dans des paniers. Sur le mur, à gauche, des installations à base d'ossements et face à l'entrée une très belle sculpture recouverte de terre sèche "Paternité à la fleur bleue". Des "Poulpoïdes Polypodicus du Textile", sculptures faites de tissus étroitement ligotés et que Mariane qualifie "d'affreuses bestioles que notre cerveau se permet de placer devant nous", occupent l'étroit couloir qui mène aux étages. Au premier, des petits personnages en fil de laine d'une grande finesse évoquant les systèmes organiques courent sur un mur. Dans une autre pièce une gisante grandeur nature couchée sur le ventre et couverte de fil est directement inspirée des "machines anatomiques" qui se présentent sous forme de deux cadavres humains, dont seuls les os et le système cardiovasculaire sont presque totalement conservés. Crées par Raimondo Di Sangro vers 1763, on peut voir ces étranges "machines" à Naples. Dans une petite pièce sombre "L'échouée", oeuvre emblématique et angoissante nous montre un corps grandeur nature, fait de matières minérales et allongé dans une cosse végétale comme dans une embarcation funéraire antique. Tout autour des petits sachets blancs imprégnés de terre sèche l'accompagnent dans son voyage. Faite de laine, de tissu, de corde ou d'objets de récupération, l'oeuvre "Ainsi soit-il-et-elle" montre des sexes masculins ou féminins symbolisés et suspendus au mur comme des reliques. A leur pied "Fleur Bleue mon Coeur" est une accumulation de bébés en matière plastique fixés à une cage en fer. Plus loin un mannequin est habillé, plutôt recouvert, de la tête au pied comme par une seconde peau d'un grouillement de bouts de tissu effilochés, ligotés et tressés entre eux.

L'homme, la femme, le sexe, la fécondité, la vie, la mort, sont les sujets de prédilection de  Mariane. Tout est organique et viscéral chez elle. Son travail  imprégné d'Humain et de Nature nous interroge sur les cycles de la vie. Ses sculptures et installations profondes et dérangeantes nous renvoient à nos peurs ancestrales et à la fragilité de notre condition.

Tout au long de l'expo, Mariane déroule les fils d'une oeuvre authentique, captivante et inclassable, faite de tout petits riens qui disent des grandes choses.

Jean-Louis Bigou

 

 

Devant le succès de l'exposition prévue initialement du 15 janvier au 20 février, celle-ci est prolongée

jusqu'au 6 mars 2016 - Galerie LE CHANTIER - 11190 CASSAIGNES 06745224 caty-pech.fr/lechantier

 

 

 

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Les escargots

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Sculptures d'ossements

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"Paternité à la fleur bleue"

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"Les poulpoïdes polydicus du Textile"

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Personnages en fil

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"Ainsi soit-il-et-elle"

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"Ainsi soit-il-et-elle"

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"Fleur Bleue mon Coeur"

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"Gisante"

 

 

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Calligraphie

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"L'échouée"

 

 

 

 

17/01/2016

Marina Ginines

 

Marina Ginines

 

"Un jour, quelqu'un m'a parlé du Mexique.....Depuis je le rêve...."

C'est ainsi que Marina Ginines, femme gitane vivant dans l'Aude explique l'histoire qu'elle vient d'imaginer et de dessiner. Celle-ci participe en 2008 à un atelier d'art animé par une plasticienne, dans le cadre d'un "Lieu ressources insertion"destiné aux bénéficiaires du R.S.A. Marina n'a jamais dessiné avant et ne dessinera certainement jamais plus. Les gitans ne sont pas culturellement portés vers l'expression picturale et les femmes n'ont pas forcément le loisir de le faire. Répondant à la consigne "Créez une histoire" Marina a réalisé au crayon et pastel gras sur 12 planches d'environ format A4, cette histoire sur ce Mexique dont elle rêve.

 

 

 Le Mexique en été

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C'est un vieux chef qui traîne sa tribu, il les fait travailler au jardin potager.

 

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Un tout jeune, très intelligent fauche le blé sous le soleil ardent. Le soleil le brûle

mais il le fait quand même. Il fait des montagnes de blé.

 

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Son grand-père l'attend avec la charrette et l'admire car il voit qu'il est vaillant.

Il remplit la charrette et l'amène vers la coopérative.

 

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Les scorpions sont partout malgré le soleil brûlant, près des petites maisons et de l'église.

 

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Les enfants brûlent avec le soleil, ils ont chaud, ils se mettent à l'ombre.

 

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Le grand-père porte l'herbe sur son dos, sans faire attention aux scorpions.

 

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Les charrettes l'attendent.

 

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Un petit enfant va prier pour la récolte.

 

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Le soir venu, après le travail, frères et amis se retrouvent pour partager le repas sur une grande table.

 

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Les jeunes filles les admirent. Elles sont jolies comme des soleils.

 

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Le village prie.

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Les enfants, les femmes, et les vieux prient la Vierge de Guadalupe car elle fait des miracles.

Ils sont très croyants.

Le pays est rempli de joie.

25/11/2015

Eric Mayer

                              Eric Mayer

 

A 77 ans Monsieur Mayer a connu plusieurs vies. Ancien Maître de conférence à l'Université de Paris VII en Physique de l'Environnement et grand bourlingueur, il a voyagé à travers le Monde de la Chine au Vénézuela en passant entre autre par la Corée du Nord et les Emirats Arabes. Il a enseigné pendant 18 ans à Mexico où il a conservé de nombreuses relations.

Fils de peintre amateur, Eric Mayer s'est toujours intéressé à l'art. Les visites dans les musées, les expositions et la lecture de nombreux livres d'art ont forgé sa culture artistique. Il aime particulièrement le travail de Vieira Da Silva et les peintres Fauves. Mais ce n'est que très récemment après le décès de sa femme et un accident vasculaire cérébral en 2012 qui l'a cloué dans un fauteuil roulant qu'il s'est lancé  éperdument dans la peinture. La création devient alors une sorte d'exutoire qui lui permet de continuer mentalement le voyage. Des tours de San Gimignano qu'il peint de mémoire au centre de Narbonne, en passant par la cité de Minerve ou Saint Guilhem le Désert qu'il dessine d'après carte postale, l'acte de peindre devient pour lui thérapie, acte vital, nécessité existentielle. Dans une petite pièce transformée en atelier, Eric peint plusieurs heures par jour, avec difficulté parfois son hémiplégie limite la précision de ses gestes. Sa peinture associe une certaine maitrise technique, une recherche esthétique dans la composition et une spontanéité, une naïveté dans le dessin qui font tout l'intérêt, à mon avis, de son travail.

Eric se rend une fois par semaine à Narbonne dans l'atelier de l'artiste peintre Vincenzo Galati où avec d'autres participants il apprend les rudiments de l'art pictural. Ce soutient artistique est très important pour Eric et pour son travail créatif.

Un autoportrait avec son épouse, réalisé à partir d'une photographie, est son oeuvre préférée. Eric aimerait maintenant pouvoir exposer son travail, le montrer, le confronter et se confronter lui-même au regard des autres.  "Ce serait bon pour mon égo" dit-il.

 

 

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Eric Mayer dans son atelier

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Le château de Puylaurens

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Le port de Gruissan

 

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Saint Guilhem le Désert

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Minerve

 

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Minerve

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Les Corbières

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Bugarach et Rennes le Château

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La Cathédrale et les Barques à Narbonne

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San Gimignano

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Dans la cour

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Dans la cour

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La plage avec collage de coquillages

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Le chat

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Autoportrait avec Madame

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Mme Mayer

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Le clown

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Composition

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Les Cathares