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17/01/2016

Marina Ginines

 

Marina Ginines

 

"Un jour, quelqu'un m'a parlé du Mexique.....Depuis je le rêve...."

C'est ainsi que Marina Ginines, femme gitane vivant dans l'Aude explique l'histoire qu'elle vient d'imaginer et de dessiner. Celle-ci participe en 2008 à un atelier d'art animé par une plasticienne, dans le cadre d'un "Lieu ressources insertion"destiné aux bénéficiaires du R.S.A. Marina n'a jamais dessiné avant et ne dessinera certainement jamais plus. Les gitans ne sont pas culturellement portés vers l'expression picturale et les femmes n'ont pas forcément le loisir de le faire. Répondant à la consigne "Créez une histoire" Marina a réalisé au crayon et pastel gras sur 12 planches d'environ format A4, cette histoire sur ce Mexique dont elle rêve.

 

 

 Le Mexique en été

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C'est un vieux chef qui traîne sa tribu, il les fait travailler au jardin potager.

 

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Un tout jeune, très intelligent fauche le blé sous le soleil ardent. Le soleil le brûle

mais il le fait quand même. Il fait des montagnes de blé.

 

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Son grand-père l'attend avec la charrette et l'admire car il voit qu'il est vaillant.

Il remplit la charrette et l'amène vers la coopérative.

 

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Les scorpions sont partout malgré le soleil brûlant, près des petites maisons et de l'église.

 

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Les enfants brûlent avec le soleil, ils ont chaud, ils se mettent à l'ombre.

 

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Le grand-père porte l'herbe sur son dos, sans faire attention aux scorpions.

 

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Les charrettes l'attendent.

 

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Un petit enfant va prier pour la récolte.

 

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Le soir venu, après le travail, frères et amis se retrouvent pour partager le repas sur une grande table.

 

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Les jeunes filles les admirent. Elles sont jolies comme des soleils.

 

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Le village prie.

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Les enfants, les femmes, et les vieux prient la Vierge de Guadalupe car elle fait des miracles.

Ils sont très croyants.

Le pays est rempli de joie.

10/01/2016

Le jardin aux jouets de Monsieur Hervé

 

 

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M. Hervé devant sa maquette du quartier

 

Le jardin aux jouets de

Monsieur Hervé

 

 

Ancien entrepeneur en maçonnerie à la retraite, M. Hervé a installé dans son jardin face à sa maison de nombreux objets souvent d'origine viticole, ainsi  que toutes sortes de peluches et de jouets, récupérés de ses petits-enfants "C'est dommage de les jeter" ou donnés par des amis. Adepte du principe "Rien ne se perd, tout se transforme", M. Hervé récupère, conserve et installe tout ce qui lui tombe sous la main, au grand dam de son épouse qui supporte tant bien que mal tout ce "bazar" dans son jardin. J'ai toujours fait ça, dit-il, mais bien sur depuis la retraite j'ai plus de temps. Au milieu d'un bric à brac indescriptible, des poules et des lapins se promènent en toute liberté dans le jardin.  Une grande cabane sur pilotis, avec un toboggan pour en descendre plus rapidement, est le terrain de jeu privilégié de ses petits-enfants. Des bassins avec des systèmes d'eau en circuit fermé font tourner des moulins, sous le regard blasé des G.I.Joe et des poupées Barbie. Une petite cabane au milieu du jardin abrite un mannequin à la retraite et un énorme éléphant en peluche qui a visiblement connu d'autres vies. Dans un coin, sur un mur, au dessus d'un gros ours en peluche coiffé d'un abat-jour rose, une vierge côtoie une grenouille verte et une geisha dans l'encadrement métallique d'une porte de cuve, créant ainsi un autel un peu particulier. Suspendue juste à côté une cage à oiseaux enferme quelques peluches mélancoliques. Un garde champêtre à l'oeil vigilant, surveille l'entrée de ce petit monde et juste à côté, une maquette du quartier, créée "au pif", comme l'indique un écriteau, maison par maison avec du carton, de la tôle récupérée pour les toits et habitée par des playmobil et autres petits jouets, fait la fierté de son créateur. Il l'expose régulièrement devant chez lui, à l'occasion des vides greniers de son village.

A peine visible de la rue si on y prête attention, le jardin de M. Hervé est un vase clos en constante mutation. Celui-ci déplace sans cesse les objets, en installe des nouveaux et modifie en permanence la configuration de son terrain de jeu privé et permanent. Comme la plus part des créateurs populaires, M. Hervé n'a rien perdu, à bientôt 80 ans, de son âme d'enfant. Il accumule les jouets et les objets dans son petit univers ludique et de son oeil pétillant de malice, fait visiter avec plaisir son jardin , même s'il faut le prier un peu pour ça. Soucieux de préserver sa tranquillité, il préfère garder l'anonymat.

                                                                                                       

Jean-Louis Bigou  2013/2015

 

 

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La cabane au mannequin

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Un coin du jardin

 

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Un garde vigilant

 

 

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La cabane pour les petits enfants

 

 

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Une composition

 

 

 

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Un autel "particulier"

 

 

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 Un bassin avec son moulin

 

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Une autre vue du bassin

 

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Au fond du jardin

 

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Une autre composition

 

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La maquette du quartier

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La maquette (détail)

 

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La maquette (détail)

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Une autre version de la cabane au mannequin

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Côté droit du jardin en 2015

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le même en 2013

 

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La boîte aux lettres de M. Hervé

 

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Aux jardins insolites

              Aux jardins insolites

 

 

Camille Vidal photo Outsider Environments Europe

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Deux définitions trouvées sur Wikipédia :

L'architecture naïve désigne des constructions édifiées par des personnes autodidactes sans formation artistique.

Ces constructions n'ont généralement pas de but fonctionnel et s'apparentent à des sculptures monumentales. Nombre d'autres désignations sont également utilisées : Architectures imaginaires, marginales, populaires, jardins imaginaires ou d'Art brut, et leurs créateurs sont appelés habitants-paysagistes, archi-sculpteurs, anarchitectes, bâtisseurs de l'imaginaire ou de rêves.

Le caractère spontané de ces réalisations les apparente aux créations de l'art naïf ou de l'art brut. L'importance de ces constructions, oeuvres souvent d'une vie pour leurs créateurs, suscite un mélange de rejet et d'admiration.

La forte charge émotionnelle et symbolique attachée à ces réalisations rend leur transmission difficile. Peu d'occupants souhaitent habiter des lieux aussi lourdement investis par leur précédent propriétaire. A la disparition de leur créateur, faute d'une prise en charge par la collectivité, ces architectures sont généralement vouées à l'abandon et à la destruction.

                                                                                                                  Wikipédia

                                                     

 

Les environnements visionnaires sont des créations de plein air élaborées par des autodidactes ou des marginaux (parfois dénommés "habitants-paysagistes").

Les environnements peuvent être des constructions à part entière, architectures naïves, imaginaires et délirantes, questionnant les fondements de l'esthétique même de l'architecture officielle. Mais ils sont souvent plus proche d'oeuvres artistiques monumentales, comprenant l'agrémentation/décoration entière de l'habitation du créateur ou de vastes ensembles de sculptures disposées en plein air, ils rejoignent par là une forme brute de land art et son souvent un véritable art de la récupération et du recyclage.

Le caractère spontané, populaire, obscur de ces créations les relie naturellement à l'art brut, à l'art naïf et outsider.

Le plus célèbre, emblématique et ancien est le Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives. Mais, à la différence de ce dernier, classé monument historique en 1969, beaucoup de ces créations se détériorent et disparaissent à la mort de leurs auteurs.

    wikipédia                                                                                     

 

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                                  Horace Diaz ---------------------------------- photo "les grigris de Sophie"

 

              "Les bâtisseurs de l'imaginaire"

          

"Les bâtisseurs de l'imaginaire" est le titre d'une exposition créée par Claude et Clovis Prévost en 1977 et d'un article d'Yves Rouquette paru dans les années 80, qui parle de ces créateurs autodidactes et populaires dont il est question ici. Parmi eux, il me semble pouvoir distinguer au moins deux types de personnalités différentes. D'un côté, des marginaux, un peu illuminés, mystico-anarco-quelque-chose qui se retirent au fond des bois, façon Chomo, et qui leur vie durant, créent autour d'eux, un univers plus ou moins délirant,  à leur image.  Et d'un autre, et je trouve ça beaucoup plus étonnant, des personnes du "petit peuple" parfaitement intégrées dans cette société, la plupart ouvriers (Allez savoir pourquoi !), souvent maçons, qui une fois à la retraite, se mettent à transformer leur maison en palais rococo, ou leur jardin en musée à ciel ouvert. Le plus étonnant est l'énergie que ces "archi-sculpteurs"(comme certains les appellent) sont capables de mettre dans leur oeuvre. Au départ il y a, certainement chez eux, une idée, une envie; puis l'idée devient fixe et l'envie se transforme en besoin impérieux, en nécessité absolue. Il faut faire, faire à tout prix, qu'importe les reproches des proches ou les regards en coin des voisins, l'homme est comme possédé par le démon de la création. Et comme tous les possédés et malgré un âge bien avancé, il est capable de déplacer des montagnes, qui en l'occurrence, sont souvent ici des montagnes de ciment. On imagine Antoine Puéo monter des seaux et des seaux de ciment, à la force de ses bras, pour ajouter 2 niveaux à sa maison et l'orner de balustres et de rocailles en tout genre. On imagine Hubert Bastouil a près de 80 ans créer, avec l'aide de sa femme,  des girafes et des éléphants grandeur nature en grillage et en ciment. C'est un travail titanesque. Bruno Montpied dans son livre "Eloge des jardins anarchiques" cite de nombreux exemples de créateurs d'environnements spontanés qui ont réalisés de véritables prouesses physiques dans la création de leur oeuvre. Celle-ci commence souvent au moment de la retraite. Au moment où, soudainement, il y a tout ce temps libre qu'il faut combler d'une manière ou d'une autre, après une dure vie de labeur. Certains y arrivent très bien avec un peu de jardinage, quelques parties de pétanque et un voyage organisé de temps en temps, sans oublier bien sur la soporifique télévision, qui permet de ne pas voir le temps passer. Alors pourquoi, pour d'autres (très peu nombreux, c'est vrai), le moment de la retraite correspond t-il à une espèce d'éruption créatrice spontanée et quasi incontrôlable ? Peut-être peut-on penser que ce besoin de faire, de créer était là depuis toujours, sous-jacent, étouffé par le poids de la chape sociale et la nécessité de nourrir une famille et d'élever ses enfants, et qu' une fois libérée de toutes ces charges, la créativité se réveille, explose telle un volcan et que l'artiste refoulé qui dormait au fond de l'ouvrier ou du paysan (il est a noter que ce ne sont jamais des patrons ni des riches qui créent ce genre d'environnement) sort du placard et fait son "coming out" artistique. On aurait pu craindre que l'arrivée des 35 heures de travail par semaine, en accordant un peu de loisir aux travailleurs, et en leur permettant d'exprimer leur créativité tout au long de leur vie, signe la fin de ce genre d'expression tardive. Heureusement grâce à la crise providentielle et à la régression générale des acquis sociaux, on peut espérer que ces refoulements créatifs suivis d'un brusque "coming out", aient encore de beaux jours devant eux. A condition toutefois que la retraite de plus en plus tardive, laisse quelques années de vie aux éventuels candidats......

Bruno Montpied note que les créateurs de ces environnements excentriques sont d'un caractère généralement extravertis par rapport aux personnes associées à l'art brut qui sont plutôt introverties. En effet, leur création est souvent voyante et le plus visible possible. Installée sur le bord des routes, bien en vue, comme René Escaffre à Roumens ou sur le bord d'un canal très fréquenté comme Joël Barthes à Puichéric ou encore en plein centre ville comme Antoine Puéo à Lézignan. Bien sur ils créent pour eux, mais aussi pour les autres et pour être vus. Alors que dans l'art brut la création est beaucoup plus personnelle et intimiste. Ils ont comme points communs de ne surtout pas se considérer comme  artistes,  et ne pas chercher à  commercialiser leur production. Ce qui les différencie, à mon avis, de la majorité des personnes associées à l'art singulier, qui sont beaucoup plus dans une démarche artistique et promotionnelle. Il y a de plus en plus de galeries et de festivals consacrés à cette expression et l'appellation "art singulier" est devenu, me semble-t-il, une étiquette, au même titre que "peinture abstraite" ou "sculpture sur marbre".

Le principal problème des jardins insolites ou des environnements spontanés, est lié à leur pérennité. Il est généralement difficile de les conserver dans leur intégralité après la disparition de leur créateur. Les héritiers désintéressés (!!), les maisons sont vendues, et par l'absence de volonté particulière ou collective les sites sont détruits, au nom de la modernité, comme c'est le cas pour la Maison fleurie à Lézignan. On constate pourtant que ces lieux attisent la curiosité et l'intérêt de nombreuses personnes bien au delà du cercle des "fans" de l'art brut. La petite fille d'Antoine Puéo dit, que si on lui avait donné 1euro pour chaque photo prise de sa maison, elle serait riche.  Comment expliquer, alors, le manque de volonté de la part des municipalités,  pour conserver et valoriser ce genre de curiosités locales qui font pourtant parties du patrimoine de la ville. On préfère les détruire pour faire des centres villes qui se ressemblent tous, uniformisés et sans aucune particularité........... Dommage.

Jean-Louis Bigou

 

                                              Martial Besse ----photo "les grigris de Sophie"

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Les sites d'Horace Diaz à Lodève, de Camille Vidal à Agde et de Martial Besse dans le Lot et Garonne, font partis des environnements insolites disparus.

 

A voir sur la toile :______________

"Le poignard subtil" le blog de Bruno Montpied

Le blog de "Jean-Michel Chesné"

"Animula Vagula"

"Art-insolite"

"Les grigris de Sophie"

"Hérault insolite"

"Les beaux dimanches"

Le site de la revue "Gazogène"

L'article de Véronique Moulinié dans le numéro 32 de la revue "Terrain"

"Des "oeuvriers" ordinaires". Lorsque l'ouvrier fait le/du beau.

A lire :____________________

"Eloge des jardins anarchiques" Bruno Montpied - éditeur: L'insomniaque

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